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Casanegra

11 May

Je vais vous avouer un truc: J’ai pas trop aimé ce qui a été dit de Casanegra, le film bien sur…

Mais arrêtez de me lancer des pierres, attendez au moins que je m’explique voyons! Non je ne dis pas que vous êtes des cons, ca je crois que vous le savez déja …

Bon vous vous dites certainement que je ne suis qu’un crétin, qui refuse la modernisation, et que l’on devrait me brûler vif pour les idées arriérées que je continue à porter depuis le 16ème siècle. Selon vous, le cinéma se doit d’être le plus réaliste possible, et refléter la réalité, aussi salie soit-elle par les ‘gros mots’. Oui, le film offre quelque chose de réel, de vrai et de vivant, peut être pour la première fois au Maroc (pour certains qui se rappellent d’Ali Zaoua). Mais la question que je me dois de poser est: A-t-on vraiment compris ce que le film portait comme message?

L’intérêt populaire que le film a suscité montre, certes, que le public marocain en veut, en redemande, et certainement en souffre. Mais, parmi les 63000 entrées réalisées dans les deux premières semaines, tout le monde sort le sourire aux lèvres. Ne serions-nous pas plus amené à en pleurer ? Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le film raconte l’histoire de deux jeunes amis, dans leur vingtaines, tous deux chômeurs, et tous deux espérant caresser leurs rêves. Le premier, Karim, semble plus responsable car s’occupant de toute sa famille, et gagne sa croute en tant que gérant de distribution de cigarettes. Le deuxième, Adil, montre un visage plus téméraire mais aussi plus naïf, espérant aller travailler en Suède, mais essuyant les violences de son ivrogne de beau-père et les réprimandes de sa mère. Tous deux rêvent de pouvoir quitter le monde noire dans lequel  ils vivent (d’où le nom ‘CasaNegra’), un monde fait de pauvreté, de violence, d’alcool, de contradictions, de frustrations, d’un peu d’amour, mais de beaucoup asservissement,  et surtout duquel on ne peut échapper.

Qu’avez-vous retenu de votre visionnage du film ? Avez-vous perçu la ressemblance entre ‘le tout va bien’ et le ‘lime night’, deux endroits si bien différents en couleurs mais semblables en ceux qui la fréquentent? Car ces personnes, qui souffrent du mal de vivre à Casa, ne peuvent se séparer de cette ville si nécessaire, et préfèrent oublier leurs maux dans les bouteilles d’alcool ou les bras d’une femme. Avez-vous saisi toute la profondeur du personnage de ‘Zrirek’ (de loin mon préféré), qui par sa grande sagesse, a préféré placer toute son affection en son chien? Non je ne suis pas sadique, encore moins j’adore les perceuses, mais j’ai de l’admiration pour quelqu’un qui en connait tout un rayon sur la ville, et qui répète sans cesse que rien ne vaut son pays?

Plusieurs ont tenu à crier, à bon entendeur, que ce film n’a fait qu’utiliser une potion magique longtemps utilisé (rappelez-vous de Marock) pour créer un succès commercial, et rien d’autre. Mais contrairement à ce qu’on l’on pourrait croire, Casanegra n’est pas seulement l’histoire d’une ville qui suffoque, mais celle d’une génération s’en meurt.

Un dernier mot tout en musique, celui de Don Bigg, qui, dans sa chanson ‘CasaNegra’ (wé le titre est à la mode parait-il), a dit :

Casa Negra
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Casa Negra
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