Archive by Author

Bilan anticipé

9 Nov

“On est en 2010!”

Cela fait à peu près deux jours que cette phrase résonne dans ma tête. Pardonnez-moi si cela m’a pris onze mois pour m’en rendre compte, mais,voyez-vous, je suis presque sûr que vous ne voyez pas encore où je veux en venir.

 

Je ne veux en aucun cas prendre à défaut la taille de votre cabeza, mais comprenez-vous la portée de cette “exclamation”? Comprenez-vous que, sous les traits simples et pitoyables que cette phrase se cache une vérité des plus effrayantes? Car c’est toute une image, une histoire d’amour, et un cataclysme  qui prend ainsi forme sous vos yeux. L’apercevez-vous ?

– C’est l’image de notre ère, de ce que nous sommes, de ce que nous faisons. Dois-je vous rappeler ce qu’est 2010? C’est l’année où le nombre de suicides (spécialement de jeunes) a atteint des records. C’est l’année où on s’est rendu compte qu’une autre prise de LaBastille était finalement nécessaire. C’est l’année où on a trouvé que la meilleure solution pour éviter la mort de notre planète à cause de nos conneries, était de tuer les futures générations avant qu’elle n’en fasse de plus grandes. N’est ce pas ceci la plus stupide des folies ?
Bien sur, l’année 2010 a aussi eu ses bons cotés. La première coupe du monde en Afrique ( très vuvuzelees mais bon ), le premier gars à s’être désabonné de Facebook (Exactement, l’impossible a pris forme), et surtout la plus grande révélation de documents secrets relatifs à des crimes de guerre.

 
– 2010, c’est aussi l’histoire d’amour de l’Homme et de sa plus ancienne compagne: la haine. L’Homme aime sa haine autant qu’il peut haïr son ancien amour. Et de fait, l’Homme s’est mis à haïr quand il s’est rendu à l’évidence qu’il ne pouvait aimer. Certainement, dans un passé lointain, l’homme arrivait à aimer autrui pour ce qu’il est, mais cela était certainement trop lointain pour que l’on s’en rappelle. Et à travers le temps, chacun s’est pris au malin plaisir de haïr pour n’importe quelle raison, au point qu’au final, on n’arrive à haïr pour la plus bête des raisons, à savoir détester quelqu’un pour ce qu’il ne pourra jamais être .

-Le cataclysme est ce fléau qui sévit un peu partout maintenant. On le nomme “communautarisme”, on trouve que le nom sonne assez bon comme méthode d’aborder les autres, et donc on se lance à l’appliquer contre n’importe qui et pour n’importe quoi. Le communautarisme  désigne les attitudes ayant pour but définir un groupe au sein de la société, le rendant agressif contre tout ce qui peut toucher le groupe comme entité. En d’autres termes, le communautarisme est cette tendance humaine, c’est le moins qu’on puisse dire, à se recroqueviller et se cacher derrière des barrières toujours plus hautes, des murs toujours plus épais, mais surtout derrière des raisons toujours plus stupides, de peur de confronter l’autre, sous prétexte de défendre sa communauté. Autant l’appeler connerie tant qu’on y est!

 

Je me rappelle toujours de ce 31 décembre 1999, ou 1er Janvier 2000 pour les optimistes parmi vous, où on annonçait le troisième millénaire comme l’avènement d’une nouvelle ère. Je sais pas pour vous, mais je trouve qu’on a assez bien foiré ce nouveau millénaire. Je sais qu’on aura un peu plus de chances pour mieux paraitre avec le temps, mais pour combien de temps encore arrivera-t-on à survivre, si, au final, il y a un grand risque que la vie devienne un combat de chacun contre tous, à savoir le beau 7 milliard restant.

Je sais bien que j’écris cet article un peu trop tôt, j’étais supposé faire mon bilan de l’année que dans deux mois. Mais pardonnez-moi si je ne vais pas pouvoir tenir aussi longtemps; ma tête est fragile et je trouve que c’en est bien plus qu’assez pour une année!

A moi l’année où on regardera vers l’autre, et on se rendra à l’évidence qu’il n’est tout simplement qu’un être humain! Et en attendant que cette année arrive, je vous invite à attendre avec moi, moi et ce très cher Grand Corps Malade ( oui il a même pensé à nous faire une chanson pour l’occas, ca s’appelle J’attends (le gars est super doué pour trouver ses titres mais bon!))

Advertisements

L’intimité du transport en commun

1 Oct

On vous a certainement gavé avec les avantages du transport en commun: moins de voitures sur les routes, donc moins d’embouteillages, moins de gaz à effet de serre ( oui ces satanés gaz qu’on ne connait pas personnellement mais qu’on nous a méchamment appris à détester!). Bref moins d’à peu près tout ce qui est mauvais, et donc nécessairement du plus dans tout ce qui est bon. Mais ce qu’on a oublie de vous dire, c’est que les transports en commun, c’est aussi de la compassion générale à en faire pleurer un dictateur, de l’engueulade partagée, que ce soit par le chauffeur, le gars qui se dispute au téléphone, ou le commun du voyageur qui en a marre de l’entendre crier.

Prenez un bus, mais pas n’importe lequel, car il faut que notre moyen de transport soit le plus détérioré possible, sinon, comment pourrait-on le qualifier de ‘commun’? Faites que le bus puisse à peine avancer, et vous aurez alors la bête parfaire. Mettez à son volant ( ou plutôt à la roue de vélo qui fait office de volant) un conducteur expert en freinage à la dernière seconde, diplômé à la Vieille Médina en langages puérils, et fin stratagème en matière de stationnement un-peu-partout. Ajoutez à cela quelques gamins voulant assister au derby, une femme enceinte, un vieillard mendiant,deux ou trois personnes qui refusent de payer, et finalement un homme (c’est presque toujours un homme) qui vient de recharger son solde de téléphone. Remplissez le tout de pleins de voyageurs, de préférence en plein jeûne, et saupoudrez de bambins de bas âge qui n’ont pas eu la tétée du matin, et vous aurez une image idéale du transport en commun idéal.

Je l’admets, j’y vais un peu fort avec les stéréotypes, mais pour les personness, qui comme moi, ont eu leur dose de ballotages, de pick-pockets et de bus en retard, c’est généralement l’image que l’on se garde à l’esprit, une fois assez mûr (ou tout simplement stupide) pour se croire que s’acheter un véhicule s’impose. Mais qu’en est-il vraiment?

Car derrière ces vitres (cassées), entre ces portes (qui refusent de se fermer), se trouve un échantillon d’une société. Un bus (ou un métro, tant qu’on y est) a sa propre magie. Ce ne sera que dans un bus que vous verrez un homme céder la place à une personne du sexe opposé pour autre chose que son numéro de téléphone. Ce ne sera que dans un bus qu’une femme enceinte aura le droit de choisir sa place (maintenant que les hôpitaux n’arrivent même pas à leur trouver d’endroit où accoucher). Ce ne sera que dans un bus que l’on fera passer l’argent jusqu’au receveur, au lieu de se le fourrer dans sa poche. Ce ne sera que dans un bus qu’un être humain pourra trouver de la compassion (sinon que chercheraient des mendiants là-bas, si ce n’est,entre autres, de la compassion?). Ce ne sera que dans un bus que vous verrez l’autorité (le receveur) se montrer complaisant avec le hors-la-loi (le non-payant).Et ce sera certainement que dans un bus que vous verrez le citoyen moyen, qui, après avoir passé toute la journée à se passer pour ce qu’il n’est pas, enfin devenir qui il est vraiment (un gars avec une chemise qui pue).

Oui, car finalement, le transport en commun est un voyage, généralement tumultueux, nauséabond et semés d’autant de périples que ce nids-de-poule rencontrés pendant le trajet. Reste que l’individuel en ressort plus fort, d’une part, de par le nombre d’obstacles surmontés de la porte avant à la porte arrière, mais d’autre part, parce que, l’instant d’un voyage, il partageait avec ses congénères (oui car il faut l’avouer, un bus est un vrai zoo) quelque chose plus grande que l’envie d’arriver chez soi, quelque chose que même les berlines allemandes les plus virevoltantes ne pourra jamais vous faire sentir.

Et pour finir, une petite vidéo pour tous les travailleurs des transports en commun, comme quoi votre boulot peut parfois être assez cool.

PS:(Pour ceux qui ont regardé la vidéo) Question du jour:

Pourquoi la dame en rose arrive-t-elle en courant à la neuvième seconde?

1-Elle a oublié son chihuahua à l’intérieur du train (Mwé pauvre bête)

2-C’est la femme du gars qui pousse déjà et elle voulait savoir où pouvait-il bien foutre ses mains

3-Ce n’est pas son chihuahua qu’elle a perdu, mais plutôt son sifflet qu’elle gardait dans la main