La liberté comme idée, et comme réalité

13 Feb

Eh ben non! Le blog n’est pas encore mort… Mais, il faut l’avouer, il s’en est fallu de peu. Eu fait, il s’en est fallu qu’une personne extrêmement interessee par le concept ait idee de faire revivre ce tas de cendres virtuelles. Et rien de mieux qu’un billet pour redonner au blog tout son aplomb, et quel article ! Je parie qu’aucun de vous ne pourra terminer celui-ci sans devoir recourir a un dictionnaire. Essayez, et on verra …

Ben voila, merci a Slayer pour cet article.

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I La liberté comme idée

 

 

Ces quelques lignes avaient été l’objet d’un cours  précédé d’une enquête sur les définitions possibles de la liberté; on ne pouvait pas inaugurer à l’avance des réponses, mais l’usage nous avait appris qu’elles traduisent des mentalités, et que celles-ci ne sont pas ce qu’elles seraient devant d’autres publics d’autres pays : « nos concepts, disions-nous, sont historico politiques », marqués par l’histoire : la liberté avait-elle le même sens pour un citoyen soviétique, ou pour un africain ? C’est l’histoire d’un peuple qui a façonné ses mentalités. Les réponses nous paraissent pouvoir être réparties à l’intérieur de notre plan, aux différents niveaux de celui-ci.

La sémantique (discours chargé de sens de sémainein, signifier) des discours politiques sur la liberté recèle une intense contradiction : une pièce de 1 franc, ou maintenant un euro porte la devise : liberté , égalité fraternité, qui affirme dans l’article 4 de la proclamation des droits de l’homme et du citoyen du 4 Août 1789 : « la liberté est le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui….les bornes doivent en être fixées par la loi .

On retrouverait chez Marcuse la même contradiction dans l’Homme unidimensionnel où le porte-parole de la contestation dans les universités américaines marque la différence entre des formules telles que « la défense du monde libre »  et les bombes qui s’abattaient   au Viêt-Nam ; tous  les pires dictateurs ont parlé de liberté, on n’insistera pas sur la formule qui figurait dans les camps nazis : «le travail rend libre ».

 

Ces quelques lignes avaient été l’objet d’un cours  précédé d’une enquête sur les définitions possibles de la liberté; on ne pouvait pas inaugurer à l’avance des réponses, mais l’usage nous avait appris qu’elles traduisent des mentalités, et que celles-ci ne sont pas ce qu’elles seraient devant d’autres publics d’autres pays : « nos concepts, disions-nous, sont historico politiques », marqués par l’histoire : la liberté avait-elle le même sens pour un citoyen soviétique, ou pour un africain ? C’est l’histoire d’un peuple qui a façonné ses mentalités. Les réponses nous paraissent pouvoir être réparties à l’intérieur de notre plan, aux différents niveaux de celui-ci.

La sémantique (discours chargé de sens de sémainein, signifier) des discours politiques sur la liberté recèle une intense contradiction : une pièce de 1 franc, ou maintenant un euro porte la devise : liberté , égalité fraternité, qui affirme dans l’article 4 de la proclamation des droits de l’homme et du citoyen du 4 Août 1789 : « la liberté est le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui….les bornes doivent en être fixées par la loi » ; le discours de Danton ou Robespierre, avaient porté au firmament la liberté ; d’autre part, chacun sait qu’il y a eu 1793, et que  la terreur a guillotiné au nom de cette liberté.

On retrouverait chez Marcuse la même contradiction dans l’Homme unidimensionnel où le porte-parole de la contestation dans les universités américaines marque la différence entre des formules telles que « la défense du monde libre »  et les bombes qui s’abattaient   au Viêt-Nam ; tous  les pires dictateurs ont parlé de liberté, on n’insistera pas sur la formule qui figurait dans les camps nazis : «le travail rend libre ».

 

 

II La liberté comme réalité

Si l’existence la liberté trouve ainsi ses racines dans une origine de l’homme qui font du problème de la liberté un  problème métaphysique ( =  au-delà de la physique relié à l’âme et à Dieu) , ou encore ontologique ( = de l’être ,ôn, ontos) c’est à dire de l’être de l’homme, et en effet, chez Descartes la liberté sera ce face à face avec Dieu, puisque dans la tradition chrétienne l’homme a été créé, et comme tel maintiendra une relation privilégiée avec son créateur, donnant à la liberté cette dimension verticale, c’est pourtant sur terre que la liberté va se jouer, et l’on peut dire que son sort ne sera pas aisé.

D’abord la liberté existe-t-elle vraiment ? Si la philosophie en a conçu l’existence sur le plan de l’homme celle-ci ne s’impose pas, s’impose même si peu que certains y sont allés de la dénégation : « la liberté ça n’existe pas ». C’est à dire que la liberté est tellement insaisissable, qu’on ne peut l’appréhender, la toucher : peut-on saisir la liberté à pleines mains, ou comme l’on peut respirer le dimanche  l’air en forêt ? C’est une réalité évanescente ( = qui s’évanouit comme la fumée de cigarettes), et de cette évanescence on a pu parfois douter de son existence.

Pour répondre à cela nous avons imaginé la chose suivante : que l’on fasse une pancarte, sur laquelle serait inscrit comme slogan : « la liberté ça n’existe pas », et puis envoyer les manifestants se promener dans la rue de la Santé devant les fenêtres de la prison ; inutile de dire ce qui se passera; autrement dit la liberté s’éprouve par la privation de la liberté. On pouvait aller dire à A. Soljenitsyne la même chose, lui qui avait connu le goulag savait bien que cela existait, ceux qui ont connu le Chili de Pinochet ou toutes les dictatures, ou encore les camps ne serait-ce que de prisonniers de la dernière guerre : la liberté s’éprouve par sa négation même dans la privation de liberté.

C’est vrai qu’on se sent plus ou libre dans un endroit,  dans une école, dans une entreprise, dans un pays. Mais cette expérience qui commence en effet à faire passer le problème de la liberté du plan initial qui était le sien de l’homme en général, à un plan politique, où il s’agira des sociétés, autre domaine de la liberté, qui n’est pourtant pas sans lien avec le premier, n’est pourtant pas probante pour tout le monde : Soljenitsyne pouvait ne pas se sentir libre, parce que cela engageait son statut d’écrivain, mais en était-il de même de tous ? Tel élève se sentira bien dans un lycée, tel autre non, ou encore un employé dans un bureau.

 

Conclusion

La liberté ainsi est à faire, et reste à faire, là où notre formule être libre c’est se libérer prend cette fois un sens devenu plus positif. La liberté est une conquête de l’homme et de l’histoire, de l’homme à travers  une « histoire, qui n’a été que l’histoire du développement de la liberté parmi les hommes » .

 

A tous ceux qui se sont battu pour leur liberte, et a ceux qui ne le feront jamais.

 

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