Quand l’indifférence est mon mal … et mon seul docteur

7 Jun

Rares sont ceux qui l’ont remarqué, mais le blog a dernièrement connu un long passage à vide. Non rien de grave! Martianblur est entrain de se faire évaluer sur ses capacités artistiques et oratoires, mais vous n’avez point besoin de vous inquiéter, elle va s’en sortir. (Notre blog, n’en est-il pas la preuve?). Pour ma part, je viens à peine de réussir à me relever de mon lit, qui a servi, depuis maintenant quelques jours, de refuge pendant une récente maladie.

Mon mal était extrêmement irritant, affreusement déchirant, et surtout très douloureux. Il était tapi là, devant moi, alors que je prenais gentiment ma dose quotidienne de nouvelles. Comme à mon habitude, je regardais la télévision avec mon indifférence habituelle, devant toute la liste des ‘catastrophes’ qui s’abattaient un peu partout dans le monde, faisant quelques morts par-ci, quelques blessés par-là. La routine, quoi! Et là, au moment fatidique où la présentatrice parla de Palestine, mon pouls accéléra.

Selon les quelques bribes que j’arrivais difficilement à digérer, un contingent humanitaire, qui avait pris direction vers la bande de Gaza, avait été la cible d’une attaque traitresse de la part de l’armée Israélienne, faisant un bilan de 9 morts et de nombreux blessés.

Ainsi parla la présentatrice, qui, annonçant la fin des nouvelles internationales, se tourna vers son collègue Météo. Ne pouvant me satisfaire de matière si peu copieuse, et ne sachant que faire, je pris le très dangereux pari de changer de chaîne, dans le très maigre espoir que notre très chère 2M puisse assouvir la brûlure qui commençait à émietter mes entrailles. À mon grand malheur, point de Palestine!

Il ne me restait ainsi qu’une seule issue; et me plongeant sur mon ordinateur, je passa des heures à consulter maintes pages, scrutant inlassablement vidéos et commentaires, articles et reportages, mais sans succès, le mal avait déjà trouvé racine dans mon être.

  • Les ennuyantes dénonciations des gouvernements arabes ne firent que pincer mon cœur ensanglanté, me montrant que, pour la énième fois, ils n’avaient toujours pas compris.
  • Les innombrables protestations avaient un air de déjà-vu, me rappelant ainsi les mêmes démonstrations qui avaient rempli les rues du monde entier de personnes, aussi en colère que bruyantes, lors du raid Israélien sur Gaza un an et demi plus tôt.
  • Les quelques vidéos de rescapés de l’attaque de l’armée Israélienne n’arrivaient toujours pas à me consoler, quoiqu’elles étaient rempli d’espoir et de bonne volonté. Oui des gens avaient voulu dire ‘Non’, mais on trouva plaisant de leur fermer la bouche, et de par la même attitude, les faire taire à tout jamais.
  • Les déclarations du premier ministre turc ravivèrent en moi une flamme longtemps éteinte, une flamme faite de vouloir et aspirante au combat. Dommage qu’il fût nécessaire attendre l’intervention d’un pays non-Arabe pour nous faire la leçon, quoiqu’il faut se rendre aujourd’hui à l’évidence; on ne peut compter que sur soi-même.
  • Je faillis succomber à mon mal quand je partis scruter les quelques rares interventions de mes compatriotes internautes. Certains affichaient les couleurs du nazisme, rappelant par la même manière que seul le bon vieux Hitler avait raison. D’autres, beaucoup moins confidents sur les bonnes intentions de cet homme, ne demandaient que ‘l’extermination complète de ces chiens’. Rien que ça! Hitler lui même n’aurait pas trouvé meilleurs mots.

Pendant des journées durant, je restais inerte sur mon lit. Incapable de penser, je guettais les nouvelles. Et, finalement, ce que je prédis arriva; on oublia l’évènement aussi rapidement qu’il avait apparu. Les États-Unis usèrent de leur véto pour interdire toute décision que l’on pouvait regretter plus tard, et de leur poids pour faire taire tout bon orateur. Les quelques audacieux qui restèrent, clairsemés derrière leur bureau, parlèrent d’enquête, bien que je me demandais quelles indices pouvaient-ils bien encore trouver. Ce matin, on avait complètement oublié la chose, car à part les quelques habitués qui continuaient à afficher les couleurs palestiniennes, on commençait déjà à parler d’été, dans la plus grande indifférence.

Me voilà maintenant au terme de ce récit, qui, pour plusieurs d’entre vous, ne fît que retourner le couteau dans la plaie. Je me rends  finalement compte que seul l’indifférence a pu me sauver du dangereux trépas qui faillit me tuer. Seul l’indifférence a vraiment réussi à me faire oublier la peine d’un million et demi de supposés frères, qui se faisaient happer, à tour de rôle, comme des sangliers dans une partie de chasse. Oui, je dois l’avouer, c’étaient mon indifférence, tout aussi bien que la vôtre, qui avait causé que l’on nous traita dorénavant comme de la merde. Mais, devant le spectacle de millions de personnes qui se meurent, à feu doux, quotidiennement, devant nos yeux, seule l’indifférence est notre salut. Alors on danse …( Pas vrai, Stromae?) Car sinon, que pouvons-nous bien faire ?

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4 Responses to “Quand l’indifférence est mon mal … et mon seul docteur”

  1. Meriem June 7, 2010 at 8:21 pm #

    Je suis parfaitement d’accord sur tout ce que tu as dit en particulier ta conclusion cependant cet amère goût que tu lui donnes me dérange. Parce qu’en fait, à part la compatie on ne peut rien pour nos frères palestiniens. Il faut donc être pragmatique et vivre sa vie, je ne veux pas dire par ça cette vie bassement perdue dans le divertissement mais plutôt le labeur et le travail pour le progrès de nos pays, car encore nos chefs arabes ne peuvent absolument rien et même en s’unifiant chaque pays a ses propres moyens de procéder ce qui pourrait générer des conflits au sein de l’union arabe même, c’est pourquoi à mon avis il faudrait patienter jusqu’à être au niveau de ne plus se suffire d’envoyer uniquement des aides alimentaires et des médicaments mais plutôt des armes et je suis sûre que les palestiniens pourront tenir jusqu’à ce moment. Mais ce que je peux te reprocher le plus c’est ton pessimisme !

    • Gros con June 7, 2010 at 11:24 pm #

      Des armes! Crois-tu que l’on sera un jour capable de réduire l’énorme différence technologique entre nous et le deuxième plus grand constructeur d’armes au monde? Et à supposer que cela soit possible, tu proposes la continuation de la souffrance d’un peuple jusqu’à ce qu’on se réveille de nos lauriers? Et à supposer que l’on se réveille, ne crois-tu pas qu’on en a déjà assez souffert comme ça, pour qu’à la fin l’on doive se battre et s’entretuer? Oui je dois être pessimiste, puisqu’à toutes ces questions, je réponds par non.

  2. hadik June 11, 2010 at 2:07 pm #

    ok la je comprend pourquoi ils se sont TOUS interessés à “mon amie la rose ” plus qu’à ma chanson….

  3. david michel August 25, 2010 at 8:01 pm #

    people are stupid

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