Quand on arrive à appeler tout par n’importe quoi

1 Jun

Un nouveau jour, une nouvelle promesse! Aujourd’hui, je vous promets que je vais faire court.

Au fait, je trouve que ce n’est point de ma faute, si j’écris de si longs articles, c’est juste qu’il y a tellement de choses dont on doit parler. En plus, j’adore écrire autant qu’un tourtereau peut adorer une tourterelle, voire plus (puisque ca lui arrive au tourtereau d’aller voir ailleurs). Bref, tant que vous en redemandez, je serais toujours là pour vous servir votre dose de blagues mortelles.

Mais voyez que je dévie déjà du sujet … Et c’était quoi le sujet? Ah oui, je voulais parler de la tendance humaine à nommer les choses.

Je m’explique: je me suis plu toute l’après-midi à me promener dans l’immense firmament de la blogosphère, là où les rimeurs prennent naissance, et là où les personnages les plus excentriques existent. Non, je ne parle pas des pays des merveilles, mais bien d’Internet. Si vous n’en avez pas encore découvert cet aspect, ben vous devriez certainement penser à visiter autre chose que votre page facebook.

Bref, dans cette galaxie virtuelle, j’ai surfé pendant des heures, à lire des posts par-ci, à rigoler sur d’autres idées par-là, mais ce qui m’a profondément marqué est la capacité de tout à chacun, de pouvoir qualifier une chose de tout et n’importe quoi.

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir? Un exemple alors:

Le blog suivant appartient à un certain Larbi (ce qui explique le nom de domaine www.larbi.org ), qui a eu, disons-le, la très malencontreuse idée de parler de l’affaire Naciri, le ministre marocain de la communication et porte-parole du gouvernement (Oui, oui, cet énigmatique orateur qui donne toujours l’impression d’être constipé). Pour ceux qui n’en savent rien, ne vous attendez surtout pas à trouver des détails de l’affaire ici (googlez très chers amis, googlez!) Reste que notre bon vieux Larbi se vit finalement qualifier de toutes sortes d’adjectifs ( pour ne pas dire autre chose) à tel point que je demandais comment une même personne pouvait ainsi entretenir des opinions politiques aussi diverses que:

‘à la solde des algériens, … à la solde du makhzen, … nihiliste aigri, … pro-pouvoirs refoulés, … islamiste , … de la gauche radicale’

Tout cela pour dire que, les humains sont vraiment bons pour nommer les choses.

Depuis notre très tendre jeunesse, on nous apprend qu’une pomme, ben c’est une pomme. Ceci est maman, même si elle est aussi mal rasée que papa. Dès que l’on devient capable à allumer la télé tout seul, on découvert encore d’autres ‘mots’. Un gars qui se fait exploser au beau milieu d’un marché bondé devient un ‘sale et répugnant extrémiste terroriste’, et une fille qui arrive à nous faire découvrir, de jour en jour, de nouvelles parties de son corps est nécessairement ‘affreusement belle’.

S’en suit l’initiation à la connaissance d’autres termes beaucoup plus sophistiqués (et de loin plus restreignant à notre imagination). On apprend ainsi que tous les professeurs, tant qu’ils ne nous offrent pas une note satisfaisante, sont soit homosexuels, soit des prostituées, avec les surveillants généraux faisant office de proxénètes du réseau.

Sur le net, le nombre d’attributs dont on peut qualifier une personne apparaît illimité. On peut facilement réclamer une démocratie totalitaire, tergiverser sur la possibilité ou non de qualifier la tuerie quotidienne de palestiniens de ‘génocide’, ou encore finir par douter soi-même si on est ‘bon’ ou ‘mauvais’(testez les quiz sur facebook et vous comprendrez mes propos).

Appeler les choses d’à peu près toute chose est donc possible en l’âge de la liberté d’expression. Ainsi, on peut avoir un parti politique de l’Istiqlal (l’indépendance) – bien que je me demande bien de quoi voudrions-nous bien prendre notre indépendance (si ce n’est du bordel qui sévit au pays lui même) -, on peut qualifier les touristes étrangers de ‘bienfaiteurs’, – vu qu’ils ne font que chercher du plaisir, généralement sexuel -, et on peut accuser un ministre d’abus de pouvoir alors qu’il ne faisait que libérer son fils qui venait de poignarder un autre citoyen.

Je ne veux en rien faire une liste exhaustive de toutes ces ‘étiquettes’ qu’on se donne un malin plaisir à coller à presque n’importe qui, mais c’est certainement parce qu’on ne sait pas quoi faire de toutes ces étiquettes qu’on commence à y écrire un peu n’importe quoi.

Le bon vieux Nietzsche l’avait dit une fois: ‘deviens celui que tu es’, et c’est par ce principe que l’on se veut, à l’Abstract Eternity, ‘créer une communauté de penseurs’, même si, pour l’instant, elle est assez cachée comme communauté. Ici, on veut donner naissance à des idées, comme Socrate se voulait sage-femme pour faire ‘accoucher les esprits des pensées qu’ils contenaient déjà’. Et c’est bien ici que l’on s’interdit de se mélanger les pinceaux dans des adjectifs aussi insensés les uns que les autres, mais qu’on préfère nommer les choses par ce qu’elles ‘font’. (Et pour l’instant, on est de grands baratineurs.)

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