Est-ce que vous m’entendez ?

23 May

Je veux aujourd’hui revenir à une certaine période de ma vie, dont je suis nécessairement pas très fier, mais bon l’introduction de cet article ne cesse de le demander, et tout le monde sait que je ne peux rien refuser à mes articles.

L’histoire nous porte donc vers une période lointaine, une période où les cybercafés fleurissaient sous l’avènement d’une toute nouvelle technologie, le chat en ligne.

Plusieurs sauront de quoi je parle, mais refuseront d’avouer que, eux aussi, suppliaient leurs parents de leur prêter une pièce pour aller se brancher sur le réseau, sous prétexte qu’ils devaient faire une ‘recherche’. Plusieurs refuseront d’avouer aussi qu’ils se glissaient secrètement à l’ordinateur (oui en ces temps révolus, on appelait encore ces machines ‘ordinateur’, non pc et encore moins laptop) pour pouvoir contempler quelque site illicite, ou discuter avec des personnes à qui ils leur étaient donné la chance de parler pendant toute la journée, mais à qui la nuit offrait un aspect de discussion bien plus intéressant.

Oui, en ces temps reculés, une manie s’était pris de tout le monde, bien moins visible que les cybercafés pleins à craquer, et beaucoup plus subtil que la façon dont se vidaient les poches des parents. Cette manie, que plusieurs ne verront pas comme telle, s’appelait  (roulement de tambours) : le message perso.

Le message personnalisé consistait en une petite case, où chacun pouvait s’exprimer comme bon lui semblait. Elle pouvait représenter les angoisses d’une personne, ses pleurs et ses colères, tout aussi bien que ses joies et ses bonnes humeurs. Cela vous semble bien banal, puisque ce genre de ‘case’ est dorénavant monnaie courante sur tout réseau social qui se respecte.

Ce qui était assez singulier en ce temps-là, était l’utilisation fréquente de vérités générales, qui, entre autres, devaient refléter le niveau intellectuel de ladite personne.  On pouvait, par exemple, tomber sur des messages du genre :  ‘L’amitié peut devenir amour, mais l’amour ne peut jamais devenir amitié’, ou encore; ‘C’est en forgeant qu’on devient forgeron’.

Vous vous demandez certainement qu’est ce qui m’a pris de me lancer dans la critique de certains aspects de notre vie virtuelle, qui pourraient réussir à éveiller notre sens de la découverte des ‘proverbes’, et qui, quoique peu probable, pourraient nous aider à développer notre culture. Peut-être que vous avez raison, mais juste un truc: vous en connaissez, vous, des forgerons qui ne savent pas forger, et qui plus est, sont tiraillés entre l’amour et l’amitié?

Non je ne renie pas le droit des forgerons de vivre leur relations sociales intensément, ni les relations de quiconque, mais un peu de bon sens!

– Quand on trouve nécessaire de me dire sur MSN que ‘les apparences sont trompeuses’, alors que cette même personne ne ressemble en rien à sa photo personnelle,

– quand on me lance un ‘LG: life is good’, alors que ce jeune homme devra certainement passer la nuit par terre puisqu’il vient de se faire renvoyer pour la énième de la maison de son beau père ( oui les filles aussi se font renvoyer, mais pas avant de se faire violer d’abord),

-quand je lis un ‘Je t’aime, jusqu’à ce que la mort nous sépare’, alors que ladite personne vient tout simplement de se taper la moitié du lycée dans le dos de son amour chéri,

-quand je lis un ‘Méfiez-vous, les gens ne sont pas ce qu’ils sont’, je me demande où cette personne avait la tête pendant toutes ces années,

-quand quelqu’un a l’immense intelligence de nous rappeler qu’ il faut ‘Live your life’, je me demande comment pourrions-nous faire autrement,

-quand on tient à me rappeler qu’ ‘il est nécessaire de lutter pour ses rêves’, je me dis que, peut-être, on a oublié à quoi servaient les rêves,

et je me dis que, finalement, certaines choses ne devraient pas être dites.

C’est pour cela que je vous invite tous, très chers lecteurs, à bien peser vos mots. Quand vous sentez nécessaire de dire quelque chose, demandez vous si cela en vaut-il vraiment la chandelle. Il n’est point question d’exprimer ce que l’on veut dire, mais il serait bien plus intéressant d’offrir au monde ce que vous trouvez nécessaire d’être entendu.

Un autre truc qui doit être dit, mais pas nécessairement entendu; on a une page facebook. Mieux qu’un raton laveur, cette page vous informe en temps réel de ce qui se passe sur l’AE. Devenez fan de nous, car nous, contrairement à d’autres, nous vous adorons:

http://www.facebook.com/edittopic.php?uid=115724991797297&action=8#!/pages/The-Abstract-Eternity/115724991797297

PS: Merci à ptit con et à souksouk, car sans eux, cet article aurait certainement mis moins de temps pour être posté …

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2 Responses to “Est-ce que vous m’entendez ?”

  1. Elinor Kowalski May 28, 2010 at 3:57 am #

    If only more than 77 people would hear this.

    • itskysmylife June 5, 2010 at 6:06 pm #

      Well since one person heard it, this is just enough! 6.5 billions left !

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