Confessions

19 Jul

 

Bonjour, je me présente, je suis Nabil, un individu ordinaire qui souhaite aujourd’hui vous parler d’une maladie, ma maladie à moi, rassurez vous elle n’est pas contagieuse…Et je ressens ses symptômes chaque jour, chaque instant, cette maladie, c’est l’existence.

Je ne me rappelle plus quand je l’ai attrapée ni comment, mais une chose est sur, elle me ronge, m’habite….cette vie amer et vide de sens, je n’ai rien pour la justifier.

D’autres essayent de trouver des remèdes, l’Hédoniste puise son sens de la vie dans le plaisir, le Saint ou le prêtre se réfugie dans la foi, l’homme politique se justifie par l’action, ceux qui ont l’âme douce et bonne consacre leur vie au Don, l’Artiste s’enivre et plonge dans le monde esthétique; Ce n’est que des palliatifs, toutes ces vies ont leur charme et enrichissent bien sur, mais ils ne suppriment pas le malaise Universel, ils l’atténuent seulement.

Peut être je peux recourir au destin, imaginer une force au dessus de nous et qui nous guide cela rassure toujours, hélas j’en doute, je crois qu’on ne peut pas attribuer de grandes significations cosmiques à un simple évènement terrestre…..coïncidences, ce n’est que cela….rien que des coïncidences, et même s’il y’en avait un : Mon destin est de ne pas croire au Destin!!

Que reste t’il ?….Rien, simplement ce réel unique, banal, j’irai même à dire idiot; puis il y’a la Philosophie…..elle au moins peut me rendre le gout de vivre, m’aider a trouver le salut, m’entrainer à être lucide et attentif…à quoi?….à ma condition terrestre, à mon métier d’homme. Car oui, le fait d’être humain est un métier, exister est sa tâche, vivre est sa besogne.

Mais entendons-nous bien, je ne parle pas de la philosophie qu’on nous enseigne au lycée, par ce que ça, c’est de la merde (excusez Moi pour le terme), le fait d’argumenter, de théoriser, d’apprendre par cœur des passages et des concepts divisés en chapitres….

C’est parler pour rien dire. Non, la vraie philosophie sert à sauver, et comme je suis malade, j’ai besoin d’elle…Elle me procure une Éthique à suivre, un art d’exister, me façonne et me sculpte, et à la manière des grecques me donne un style de vie, une sagesse simple et efficace, et surtout une sensibilité particulière.

Attention, il ne s’agit pas du développement personnel, je hais ce terme d’ailleurs, il me donne cette fausse impression de maitrise, comme si l’homme se perfectionnait de jour en jour à l’instar d’une machine, ces Américains ont la manie de tout contrôler: Comment gérer votre stress, Comment réussir dans sa vie, Je suis même trouvé un dvd qui s’intitule l’art du flirt ou comment embrasser, comme si les don juan et les Casanova des anciens temps avaient besoin de ça, pffff… Pourquoi ne pas faire un livre de ce genre: Comment manger une banane efficacement ou l’art de se bronzer rapidement, pendant qu’on y est; tout ça me donne l’envie de rire…..et de pleurer aussi.

J’entends déjà cette question qui vous brule les lèvres: Mais pourquoi il est si triste? je vous rassure ce n’est pas le cas, les deux grandes causes de la tristesse sont l’ignorance ou l’espoir, moi je crois que je sais, en tout cas je n’espère plus, ce n’est pas du chagrin ou de l’amertume mais simplement de la lucidité et de la clairvoyance.

 

Un jour, j’étais assis à coté de ma grand mère, nous étions à la campagne et profitions du soir pour contempler les paysages, je lui ai posé la question: Grand mère, que penses tu de la vie ? Elle ne m’a pas répondu, pourtant elle n’est pas sourde à ce point, j’ai posé la question une deuxième fois et là…Elle est restée silencieuse avec un sourire qui se dessinait nettement sur son visage…C’était la réponse idéale; ce silence explique tout, il clame haut et fort que la vie n’est ni belle ni affreuse, ni bonne ni mauvaise, si elle est digne d’être vécu ou pas…Elle EST; tout simplement.

Et moi je jure que je vais aimer cette vie, avec ce qu’elle a de précieux et de périssable, de singulier et d’unique, il faut l’aimer coute que coute, c’est ma seul chance, je suis le juge et l’accusé dans cette histoire.

Oui, je le dis et je le répète, je suis amoureux….amoureux de ce réel, amoureux de cette terre, et je ne l’a trahirai jamais, car j’adore ma vie, j’adore mon métier, j’adore ma maladie…..

Nabil (Eddie)

 

La liberté comme idée, et comme réalité

13 Feb

Eh ben non! Le blog n’est pas encore mort… Mais, il faut l’avouer, il s’en est fallu de peu. Eu fait, il s’en est fallu qu’une personne extrêmement interessee par le concept ait idee de faire revivre ce tas de cendres virtuelles. Et rien de mieux qu’un billet pour redonner au blog tout son aplomb, et quel article ! Je parie qu’aucun de vous ne pourra terminer celui-ci sans devoir recourir a un dictionnaire. Essayez, et on verra …

Ben voila, merci a Slayer pour cet article.

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I La liberté comme idée

 

 

Ces quelques lignes avaient été l’objet d’un cours  précédé d’une enquête sur les définitions possibles de la liberté; on ne pouvait pas inaugurer à l’avance des réponses, mais l’usage nous avait appris qu’elles traduisent des mentalités, et que celles-ci ne sont pas ce qu’elles seraient devant d’autres publics d’autres pays : « nos concepts, disions-nous, sont historico politiques », marqués par l’histoire : la liberté avait-elle le même sens pour un citoyen soviétique, ou pour un africain ? C’est l’histoire d’un peuple qui a façonné ses mentalités. Les réponses nous paraissent pouvoir être réparties à l’intérieur de notre plan, aux différents niveaux de celui-ci.

La sémantique (discours chargé de sens de sémainein, signifier) des discours politiques sur la liberté recèle une intense contradiction : une pièce de 1 franc, ou maintenant un euro porte la devise : liberté , égalité fraternité, qui affirme dans l’article 4 de la proclamation des droits de l’homme et du citoyen du 4 Août 1789 : « la liberté est le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui….les bornes doivent en être fixées par la loi .

On retrouverait chez Marcuse la même contradiction dans l’Homme unidimensionnel où le porte-parole de la contestation dans les universités américaines marque la différence entre des formules telles que « la défense du monde libre »  et les bombes qui s’abattaient   au Viêt-Nam ; tous  les pires dictateurs ont parlé de liberté, on n’insistera pas sur la formule qui figurait dans les camps nazis : «le travail rend libre ».

 

Ces quelques lignes avaient été l’objet d’un cours  précédé d’une enquête sur les définitions possibles de la liberté; on ne pouvait pas inaugurer à l’avance des réponses, mais l’usage nous avait appris qu’elles traduisent des mentalités, et que celles-ci ne sont pas ce qu’elles seraient devant d’autres publics d’autres pays : « nos concepts, disions-nous, sont historico politiques », marqués par l’histoire : la liberté avait-elle le même sens pour un citoyen soviétique, ou pour un africain ? C’est l’histoire d’un peuple qui a façonné ses mentalités. Les réponses nous paraissent pouvoir être réparties à l’intérieur de notre plan, aux différents niveaux de celui-ci.

La sémantique (discours chargé de sens de sémainein, signifier) des discours politiques sur la liberté recèle une intense contradiction : une pièce de 1 franc, ou maintenant un euro porte la devise : liberté , égalité fraternité, qui affirme dans l’article 4 de la proclamation des droits de l’homme et du citoyen du 4 Août 1789 : « la liberté est le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui….les bornes doivent en être fixées par la loi » ; le discours de Danton ou Robespierre, avaient porté au firmament la liberté ; d’autre part, chacun sait qu’il y a eu 1793, et que  la terreur a guillotiné au nom de cette liberté.

On retrouverait chez Marcuse la même contradiction dans l’Homme unidimensionnel où le porte-parole de la contestation dans les universités américaines marque la différence entre des formules telles que « la défense du monde libre »  et les bombes qui s’abattaient   au Viêt-Nam ; tous  les pires dictateurs ont parlé de liberté, on n’insistera pas sur la formule qui figurait dans les camps nazis : «le travail rend libre ».

 

 

II La liberté comme réalité

Si l’existence la liberté trouve ainsi ses racines dans une origine de l’homme qui font du problème de la liberté un  problème métaphysique ( =  au-delà de la physique relié à l’âme et à Dieu) , ou encore ontologique ( = de l’être ,ôn, ontos) c’est à dire de l’être de l’homme, et en effet, chez Descartes la liberté sera ce face à face avec Dieu, puisque dans la tradition chrétienne l’homme a été créé, et comme tel maintiendra une relation privilégiée avec son créateur, donnant à la liberté cette dimension verticale, c’est pourtant sur terre que la liberté va se jouer, et l’on peut dire que son sort ne sera pas aisé.

D’abord la liberté existe-t-elle vraiment ? Si la philosophie en a conçu l’existence sur le plan de l’homme celle-ci ne s’impose pas, s’impose même si peu que certains y sont allés de la dénégation : « la liberté ça n’existe pas ». C’est à dire que la liberté est tellement insaisissable, qu’on ne peut l’appréhender, la toucher : peut-on saisir la liberté à pleines mains, ou comme l’on peut respirer le dimanche  l’air en forêt ? C’est une réalité évanescente ( = qui s’évanouit comme la fumée de cigarettes), et de cette évanescence on a pu parfois douter de son existence.

Pour répondre à cela nous avons imaginé la chose suivante : que l’on fasse une pancarte, sur laquelle serait inscrit comme slogan : « la liberté ça n’existe pas », et puis envoyer les manifestants se promener dans la rue de la Santé devant les fenêtres de la prison ; inutile de dire ce qui se passera; autrement dit la liberté s’éprouve par la privation de la liberté. On pouvait aller dire à A. Soljenitsyne la même chose, lui qui avait connu le goulag savait bien que cela existait, ceux qui ont connu le Chili de Pinochet ou toutes les dictatures, ou encore les camps ne serait-ce que de prisonniers de la dernière guerre : la liberté s’éprouve par sa négation même dans la privation de liberté.

C’est vrai qu’on se sent plus ou libre dans un endroit,  dans une école, dans une entreprise, dans un pays. Mais cette expérience qui commence en effet à faire passer le problème de la liberté du plan initial qui était le sien de l’homme en général, à un plan politique, où il s’agira des sociétés, autre domaine de la liberté, qui n’est pourtant pas sans lien avec le premier, n’est pourtant pas probante pour tout le monde : Soljenitsyne pouvait ne pas se sentir libre, parce que cela engageait son statut d’écrivain, mais en était-il de même de tous ? Tel élève se sentira bien dans un lycée, tel autre non, ou encore un employé dans un bureau.

 

Conclusion

La liberté ainsi est à faire, et reste à faire, là où notre formule être libre c’est se libérer prend cette fois un sens devenu plus positif. La liberté est une conquête de l’homme et de l’histoire, de l’homme à travers  une « histoire, qui n’a été que l’histoire du développement de la liberté parmi les hommes » .

 

A tous ceux qui se sont battu pour leur liberte, et a ceux qui ne le feront jamais.